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Le rôle des petites communes dans la production et la distribution de chaleur renouvelable

Le projet de réseau bois de la commune des grandes ventes

Située dans le département de Seine Maritime, à proximité de Dieppe, la Commune des Grandes Ventes, 1700 habitants, a engagé une réflexion autour de la création d’un réseau de chaleur alimenté au bois-énergie pour desservir un ensemble de 8 bâtiments.

La commune souhaite réduire l’impact environnemental du fonctionnement de ses équipements tout en réduisant les dépenses énergétiques. Une première expérience réussie sur la nouvelle salle polyvalente en 2012, chauffée via une chaudière granulés bois indépendante, a permis d’élargir la réflexion à d’autres bâtiments, à savoir le groupe scolaire (maternelle, primaire, cantine et bibliothèque), l’EHPAD, la maison de la santé, le presbytère et l’église.

Construits dans les années 80-90, ces bâtiments sont chauffés électriquement, énergie de chauffage relativement onéreuse. Cette source d’énergie pose également un sérieux problème d’indépendance énergétique seule l’électricité pouvant être utilisée, sans oublier le confort, fortement pénalisé par des convecteurs obsolètes.

Tous les bâtiments étant situés dans la même zone, le projet s’est naturellement orienté vers la création d’une production centralisée associée à un réseau de chaleur. La distribution secondaire au sein des bâtiments devra être réalisée concomitamment à la création du réseau ce qui va complexifier le chantier et augmenter la facture.

Néanmoins, l’étude réalisée par ECOME Ingénierie, a permis de démontrer que la création d’une chaufferie bois avec appoint fioul permettrait d’obtenir un coût global de la chaleur à parité avec la chaleur électrique actuelle et un temps de retour sur investissement d’environ 15 ans devrait être observé moyennant les aides du fond chaleur ADEME. De plus, l’utilisation du bois va nettement réduire les émissions de gaz à effet de serre du fonctionnement des bâtiments et la création de la distribution secondaire permettra, en cas d’évolution défavorable du coût du bois, d’envisager l’utilisation d’autres ressources pour l’alimentation en chaleur des bâtiments.

Outre les intérêts techniques, économiques et environnementaux, ce projet montre l’importance du rôle qu’ont les petites communes à jouer pour l’atteinte des objectifs du projet de loi sur la transition énergétique. Le patrimoine tertiaire géré par les communes représente une part importante des équipements existants et donc des consommations énergétiques des bâtiments publics. La mise en place d’une politique active de couverture de ces consommations par des sources EnR est indispensable et les entités publiques ont un devoir d’exemplarité en la matière.